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“Alligator 427 / aux ailes de cachemire safran / je grille ma dernière cigarette / je vous attends”
 

Qu’est ce que ça peut bien vouloir dire?

Hubert-Felix Thiefaine a toujours été une énigme. Star référente d’une génération, le poète rockeur a profondément marqué celles et de ceux qui l’ont rencontré musicalement à tel point que certains de ses fans prennent parfois un malin plaisir à attendre 22h43 pour monter dans l’ascenseur (si, moi par exemple). “HFT” fête 40 ans de chansons sur scène, 170 chansons, 5 millions d’albums vendus... avec une tournée de 12 dates uniques en France à partir du 12 octobre. 2018 est son année.

 

 

Une femme est partie à sa recherche (depuis longtemps). Francoise Salvan-Renucci a décidé de lui consacrer toute son énergie dans le cadre de ses travaux à l’Université Nice-Sophia Antipolis au sein d’un Laboratoire d’Épistémologie de la Littérature et des Arts Vivants. Elle sillonne la France, anime des conférences et prépare un inventaire. Vous voulez la rencontrer, lui parler, échanger avec elle, l’inviter pour l’entendre? Rien de plus simple: son contact est à la fin de cet entretien. Françoise Salvan-Renucci parle de l’oeuvre de Thiéfaine comme personne... Ecoutez la plutôt! Bonne lecture
 

 

Bonjour Françoise. Le travail que vous faites, que vous avez fait, que vous continuez à faire autour de l'oeuvre de Hubert-Félix Thiéfaine est stupéfiant... La question qui vient tout de suite en tête, c'est: pourquoi ?

 

C'est en partie le résultat d'un hasard de la vie. Je suis universitaire. A l'origine, j'étais essentiellement germaniste je travaillais sur littérature et musique allemandes. A un moment de ma vie, je suis tombée malade: j’ai dû être hospitalisée pour un cancer. C'était juste avant le début de l'avant dernière tournée, “Homo Plebis ultimae”, fin 2011. Je n’ai pas pu suivre le début de la tournée parce que les dates correspondaient à l'opération et au traitement… Je l’ai vécu de très loin, par les vidéos sur Youtube etc. Début 2012, quand j'ai commencé à émerger, je me suis dit une première chose, tu vas essayer de rattraper la fin de la tournée. J'ai donc pris ma place pour l'Olympia le 22 novembre. Et d'un coup, une évidence m’est apparue: je n’allais pas seulement réserver des places, mais travailler sur lui. Il fallait que je reparte de zéro, avec un nouveau projet de recherche. J’ai décidé de me consacrer à son oeuvre, tellement vaste, qu’elle me permettrait d'aller dans toutes les directions. Thiéfaine, c'est une relecture des poètes allemands, mais il y a tellement plus de choses: les poètes latins, les philosophes grecs, il y a absolument tout, les auteurs modernes... C'est un tel panorama, je me suis dit, je vais me plonger là dedans. Je ne sais pas si ça a été ma thérapie post cancer, en tous cas, sans ce hasard de vie, je n'en aurais pas eu l'idée, je me serais contentée d'aller aux concerts... L'explication est là, ça a été une évidence pour moi. Je dis parfois en plaisantant, c'est comme si j'avais un syndrome de Jeanne D'Arc! J'ai entendu une voix qui m'a dit : “va révéler au monde le génie de Thiéfaine”. J'ai conçu le projet, un labo l'a accueilli, parce que je tenais à une validation universitaire et voilà.

 

C'est à dire que vous étiez fan avant (j'emploie le mot fan évidemment, il n’y en a pas d’autre!)

Oui, tout à fait. Je ne l'ai pas découvert à l'occasion de ça. Je suis restée sur cette déception à l'automne 2011 en me disant : zut, la tournée ne sera pas pour moi. Sans ça, j'aurais sans doute continué à prendre seulement des places de concert.

 

Comment s'est passée votre rencontre avec l'oeuvre de Thiéfaine ? De quand date-t-elle?

Alors, là, il faut remonter beaucoup plus loin, aux années 80. Donc, là, c'était dans une ambiance estudiantine à Normale Sup où je suis rentrée en 82. C’est rigolo, parce que quand, longtemps après, j'ai conçu mon projet et que j'ai commencé à demander à des labos s'ils voulaient m'accueillir pour des conférences, j'ai retrouvé un peu partout en France des copains de Normale Sup des années 80, qui étaient fans... On était ensemble dans les années 80, on ne s'était pas revus depuis 30-35 ans…. Il y a donc des choses qui ont été ravivées, y compris retrouver des gens que je n'avais pas vus depuis des années!

 

C'est donc une question générationnelle ?

Je pense. J'avais 15 ans en 78. Dans le livre “Les gens nés en 63”, comme moi, il est écrit: “à 18 ans, ils ont des autocollants sur leur sac quand ils vont au lycée et pour certains, ce sont des autocollants Hubert-Félix Thiéfaine”. C’est un signe caractéristique, de ralliement presque. Donc, oui, il y a une question de génération. En plus, comment vous dire, c'est un peu grâce à Thiéfaine que j'ai intégré Normale Sup! Normale Sup c'est prestigieux, mais quand on y va, on signe un engagement de 10 ans. J'avais 19 ans en 1982 et je n'étais pas enthousiaste à l'idée de signer pour 10 ans après l'école. J’avais donc décidé d’aller au concours et de rendre copie blanche. Et puis dans les sujets que j'ai eus, je vois “le fou et la mort”, “les poètes maudits”, “le Prométhée de Goethe”, “la guerre et le changement”, “la fin”, “Dieu est-il humain?”... On aurait dit que ça avait été fait exprès pour moi: c'était déjà un projet Thiéfaine! Du coup, je n'ai pas rendu copie blanche... et j’ai eu le concours.

 

Bravo ! C'est drôle!

Drôle de hasard en effet.

 

Mais il n'y a pas de hasard, comme on dit, il n'y a que des rendez-vous... Vous aviez rendez-vous avec Thiéfaine...

Exactement. Ca a été remis pendant des années et puis après la vie est une suite de hasards. Heureusement, tout s’est merveilleusement résolu. Parce que, si vous êtes germaniste, vous travaillez sur des auteurs allemands, donc travailler sur HFT, la question ne s'est pas posée au début. Et puis après, Doctorat, Habilitation à diriger des recherches, c'est un fil qu'on déroule, ça marche tout seul. Ensuite, il ya eu cet arrêt. D'abord professionnellement, j’avais pris un congé sans solde, ensuite avec le cancer… J'ai un petit peu regardé, j'ai vu que de nombreuses personnes qui ont eu cet accident de santé sur leur route, après quand elles émergent, ont envie de tirer un trait et d'inaugurer une nouvelle phase de leur vie. Voilà, pour moi ça s'est passé comme ça.

 

D'accord. Et donc, là, vous sillonnez, depuis un certain temps maintenant la France à partager votre analyse et votre amour de HFT.

Voilà. Tout à fait.

 

Comment ça se passe en face ? Qui vient ?

Ca dépend déjà du lieu dans lequel sont organisées les conférences. Etant universitaire, directrice de recherche, mon premier truc, c'est d'abord de mobiliser des réseaux universitaires. Justement, il y a cette bande de copains dont je vous ai parlé, donc j'écris en demandant de m'accueillir, jusque là, je n'ai jamais eu de refus. À ce moment-là, c'est l'Université qui choisit l’amphi, par exemple, à Rennes, et qui organise tout ça. Il arrive aussi qu'on me demande d'en faire. On m'a invitée dans la Maison de la Poésie à Grenoble, dans des théâtres, au Puy en Velay, par exemple. Heureusement, comme chez HFT il y a tout, il parle même de la dentelle du Puy, dans « 27ème heure suite faunesque », donc j'avais une accroche. Parce que vous avez sans doute remarqué, je m'amuse dans mes accroches à prendre des vers de Thiéfaine. En fait, tout marche! J’essaie de proposer quelque chose qui peut correspondre aux attentes des gens qui me reçoivent. Tout récemment, c'était en Suisse à Yverdon les Bains, pour le superbe spectacle de Philippe Soltermann, “J'arriverai par l'ascenseur de 22h43, chronique d'un fan de Thiéfaine”. Là, c'est le théâtre qui m'a contactée en me disant : “est-ce que vous voudriez introduire le spectacle ?”. Donc, pourquoi pas... moi, en général, quand on me propose, c'est toujours banco. À Tilloloy, au Festival, c'était la Mairie qui m'avait demandé... Après, qui vient ? Ca dépend donc un peu du site. Quand c'est universitaire, on précise toujours que l'entrée est libre et donc que peuvent venir des gens qui n'auraient pas forcément poussé la porte d'un amphi. Il ne s'agit pas de se limiter aux étudiants et aux collègues. A la Sorbonne, j'ai eu l'Amphi Descartes, la veille des concerts au Palais des Sports, j'ai eu aussi le Grand Amphi à Lyon 2... Dans ces cas-là, des gens viennent qui ne sont pas du tout universitaires. Donc, il faut aussi faire un petit travail d'info en amont. J'ai une amie qui a une agence de com' et qui m’aide avec les médias... Ça permet quand même de faire parler du projet. Quand j'étais venue à Rennes, Ouest-France était venu m'interviewer juste avant la conférence. A Dijon, par exemple, Radio Campus sur la Fac m'avait interviewée, il y a des tas de possibilités de faire jouer ces registres là. Quand c'est un théâtre, bien entendu, c'est aussi en direction des abonnés du théâtre... Moi, ce que je tiens absolument à faire c'est deux choses, 1. : ne pas déroger quand même au niveau d'exigence scientifique qui peut être le mien, c'est à dire que je ne vais pas simplifier les choses, Thiéfaine, c'est assez complexe, il faut accepter cette dose de complexité, parce que justement, ce que j'essaie, c'est de la faire comprendre, donc là, il faut accepter d'aller dedans. 2. Par contre, si vous regardez ces conférences, je les réunis sur la chaine Youtube, vous verrez que je ne parle pas comme j'écris. J'essaie d'avoir un langage direct, de faire en sorte que les gens ne s'ennuient pas et que tout le monde puisse suivre. J'encourage les auditeurs dès le début, à m'interrompre, s’ils ont des questions. Il y a toujours un échange au moins à la fin, j'y tiens. Souvent les publics étudiants sont plus timides, ils osent moins poser des questions. Mais quand c'est un public de fans, ils viennent avec leurs interrogations, ils n'hésiteront pas à intervenir. Ils ont une certaine connaissance de l’oeuvre, je l'ai constaté, c’est comme un pré-requis: en général, les gens connaissent bien Thiéfaine. Après, il y a des gens qui sont entraînés par des amis, souvent aussi, les conférences ont lieu pas très loin d'un concert, donc des gens qui vont aller à un concert, viennent découvrir pour en savoir un peu plus même s'ils ne sont pas forcément experts. Voilà ce qui se présente aussi. Un peu de tout.

 

Et donc là, se prépare actuellement, la tournée des 40 ans. Quel est votre regard sur cette tournée ?

 

Cette tournée, moi à mon sens, n'est pas un point final. C'est un point d'orgue avant de repartir sur autre chose. Un bilan. Il y a plein de chiffres ronds cette année-là en 2018, c'est une évidence. Si vous regardez l'annonce des concerts sur le site, c'est “12 dates exceptionnelles”. C'est une mini-tournée dans des grandes salles, parce que vous savez une tournée Thiéfaine, c'est beaucoup plus long que ça, elle n'a pas que douze dates. C'est vraiment pour marquer le coup. Il y aura certainement des découvertes, des surprises, dans les concerts. Je pense que chaque date aura son propre caractère exceptionnel. Maintenant, mon opinion c'est qu'il y a encore des choses à venir, il le dit suffisamment souvent. Il continue, donc il ne s'agit pas de faire de l’auto-glorification ou de mettre un point final, comme les gens qui font toujours la “dernière tournée”, ça n'est pas du tout dans cette optique-là. Comme il le dit toujours, un album est une balise. Cette année est une balise particulièrement impressionnante. On va redécouvrir en fait je pense, les chansons depuis le début, il va choisir, mais avec des arrangements complètement différents, donc on va être en terrain connu et pas complètement non plus.

 

Quand vous dites que chaque concert sera différent, vous en avez parlé avec lui ?

Non. De façon générale, je travaille seule. On en avait parlé, la première fois où je l'ai rencontré, en 2013 après le concert à Londres, le tout dernier concert de la tournée précédente. On a discuté un moment et là il a été très clair en me disant qu'il avait tout bien regardé, c'était assez évident d'ailleurs, et l’idée c’était que je trouve toute seule ce qu’il fallait trouver, ce qui m’allait parfaitement. Je lui fais passer les choses au fur et à mesure, mais seulement le produit fini. Je ne lui demande jamais si je suis sur la bonne piste ou non. De plus, c'est un travail universitaire, donc bien entendu, je le mène de façon indépendante. Par contre, j'ai assisté à toute la tournée 2015-2016 avec un pass comme si je faisais partie de l'équipe. J’ai pu assister aux balances, j'ai fait un catalogue aussi, qui m'intéresse beaucoup, des variantes en live, variantes texte, musique. Là aussi, je découvre au fur et à mesure. C'est à dire, de façon à ce que je puisse conserver à mon regard sa spontanéité, je découvre seulement aux balances. Ça me paraît un équilibre nécessaire, chacun faisant son job de son côté et voilà.

 

Vous n'avez jamais animé de conférence ensemble ?

Non. Comme il l’a dit de façon très amusante, “j'aurais l'impression d'être disséqué vivant”. Ce serait difficilement concevable, et ce n’est pas le but de mon entreprise.

 

Il ne se sent pas de s'affronter lui-même ?

Je pense que l'important pour l'artiste, c'est qu'il produise. La première fois où il m'a reçue, je lui avais parlé de George Steiner qui a été notamment traducteur de Racine et qui disait “ moi j'ai besoin de Racine, mais Racine n'a pas besoin de Monsieur Steiner ”. Je suis assez d'accord avec ça: il vaut mieux qu'il écrive de nouveaux albums, de nouveaux textes etc. plutôt qu'il perde son temps à discuter avec moi, à revenir éventuellement sur des choses qui sont derrière lui... Pour moi, c'est une évidence, priorité aux besoins de l'artiste ! Et puis, ma démarche est une démarche objective, qu'on appelle en jargon du métier “de l'analyse du discours”. C'est une démarche globale qui consiste à reconstituer tous les pré-requis qui ont été nécessaires à l'élaboration du discours. C'est à dire, puisque lui a cette pratique de dialoguer avec tous les auteurs de tous les pays, de toutes les époques, et pas que les auteurs, les peintres, les musiciens... chaque fois, j'essaie de voir : attention derrière, il y a quelqu'un à qui il fait un clin d'oeil. Tantôt c'est Rimbaud, tantôt c'est Guy Debord… c'est pour ça que le projet, j'ai pris le mot chez lui, ce sont des “inventaires”. La démarche est objective, moi je m'interdis d'interpréter. Ça n'est pas mon truc. Simplement, voilà, je peux objectivement dire, là il y a ce bouquin, je sais qu'il l'a lu, il l'a dit, la date correspond. Il faut faire un petit travail de vérification. Vérifier par exemple, quand c'est un bouquin très contemporain, s’il est bien paru avant la chanson, il faut regarder les dates entre la version originale, la version française, s'il y a plusieurs traductions il faut bien regarder celle qu'il a pu utiliser. Enfin, c'est un travail de précision et un petit travail de détective aussi, c'est rigolo. Ca m'a fait retrouver toutes ces références culturelles. Ce n'est pas un projet où je me dis, tu l'aurais commencé plus jeune, tu aurais plus de temps devant toi. Je ne pense pas que ce soit un projet qu'on puisse élaborer à 25 ou 30 ans. À 50 ans on est quand même beaucoup plus à l'aise.

 

Que va-t-il se passer désormais?

Il y a toute une série de bouquins, inventaires au pluriel, puisqu'en fait l'idée c'est justement de donner un accès le plus exhaustif possible. Là, c'est une collègue d'Angers qui m'a donné un petit peu la clé de la chose, elle dirige un labo qui s'appelle “écritures du sacré” et elle m'avait reçue pour une conférence sur la relecture de la Bible et du Coran chez Thiéfaine. Après elle me dit : fais comme faisaient les gens au Moyen Âge. On avait l'auteur et, à côté, les volumes du commentateur et les gens étudiaient les deux à la fois. L'idée c'est un peu ça, de faire des commentaires, ces inventaires Thiéfaine qui sont à côté de l'oeuvre. C'est un travail scientifique ce que je fais, c'est clair. Il y a des gens qui n'ont pas envie d'en savoir plus, ça n’a pas d’importance. Donc ça sera à côté, ça sera une série de dix ou quinze volumes. Le 1er, je profite un peu de l'actualité, va sortir cette année. Il va décrire les pré-supposés de ma démarche, parce que justement, tout le monde ne sait pas forcément ce que c'est l'analyse du discours, à partir de quoi tout ça s'élabore. Ensuite viendront les différents volumes avec chaque fois une accentuation spécifique, mettons par exemple, la relecture de Rimbaud ou de Romain Gary, ou plus exactement le dialogue qui s'établit avec tel ou tel auteur. Ce n'est pas uniquement une relecture, c'est une mise en perspective, un rapport dialectique, quand Thiéfaine dialogue avec un auteur, ça n'est pas pour étaler sa culture. Cela débouche toujours sur une prise de position indirecte, implicite, par rapport à ce que dit l'auteur en question. Et puis, il dialogue parfois avec plusieurs auteurs à la fois, donc il faut décortiquer cet entrelacement. Techniquement, c'est ça le plus difficile. Il y a une accentuation principale, vous ne pouvez pas tout complètement séparer, mais il faut faire la place aussi aux accentuations secondaires, il faut changer son éclairage, c'est un travail un peu en kaléïdoscope, comme l'est son écriture. Je pense que le travail sur cette écriture doit être un peu kaléïdoscopique comme un puzzle. Ses chansons sont comme un puzzle, il le dit lui-même. Donc, l'idée c'est que les volumes de la série fassent comme un puzzle. Ça va m'occuper un bon moment. Je voudrais en sortir un ou deux par an. Parallèlement, bien entendu, il y a ce que je fais dans le labo. C'est un labo à Nice, le Centre Transdiciplinaire d'Épistémologie de la Littérature et quand il y a des projets collectifs, je propose ma contribution. Par exemple, pour un colloque sur le carnaval, j'ai dit « le carnaval chez Thiéfaine qu'est ce que c'est ? Quand est-ce qu'il en parle ? ». On avait un bouquin autour de “Jacques le Fataliste” de Diderot. Donc voilà, comment retrouve-t-on les thèmes de Jacques le Fataliste chez Thiéfaine: le hasard, la rencontre, la route etc. Il y a eu Edgar Poe, Lucrèce... Ce qui est extraordinaire, c'est qu'avec Thiefaine, on peut participer à tout. Je me rappelle que dès le début un collègue m'avait dit “vous avez trouvé le Pérou avec ce projet de recherche!”. Je n’ai pas besoin de le tordre pour rentrer dans telle ou telle accentuation. Par exemple, j'ai pu faire des conférences Thiéfaine et Camus, Thiéfaine et Nietzsche, et là sont venus des gens des gens qui étaient en agreg de philo ou en doctorat, donc ça touche aussi à ce niveau-là.

Les prochaines conférences vont suivre la tournée ?

Oui. La toute première en principe, ça sera Rennes le 11 octobre, la veille du concert à Nantes qui marquera l’ouverture de la tournée. Nantes a été le lieu de la captation de l'avant dernière tournée. La tournée anniversaire y commence, ça va être spécial. Pour l'instant, sinon, sont déjà fixé : Metz, Lille, Lyon (à confirmer), Dijon, Rennes, Nice, Aix, Roanne... Après j'essaie d'étendre un peu. De faire un planning... Il faut faire attention de ne pas empiéter sur les jours de concerts, sinon personne ne viendra m’écouter !

Si vous aviez une phrase pour synthétiser Thiéfaine, quelle serait-elle ?

Je dirais avec l'expression latine “poeta doctus”. Je dirais même : Thiéfaine, “poeta doctissimus”!

Propos recueillis par #PG9

 

Françoise Salvan-Renucci

“inventaires dans [un] pandémonium” et “labyrinthe aux couleurs d’arc-en-ciel” : essai d’analyse du discours poétique et musical des chansons de Hubert-Félix Thiéfaine

 

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